"Etait-ce l'amour, se demandait-elle, ou simplement une combinaison accidentelle de pensées et de sensations heureuses ?"..."Il est moins mortifiant de se croire impopulaire qu'insignifiant, et notre vanité préfère voir dans l'indifférence une forme latente d'inimitié"... "Mais l'idéaliste quand il est soumis à de vulgaires nécessités, doit employer des esprits vulgaires pour tirer des conclusions auxquelles il ne peut s'abaisser en personne..."...
Ce ne sont là que d'extraits choisis au hasard parmi les pages denses du roman d'Edith Wharton, "Chez les heureux du monde" ou "The house of mirth" dans sa version originale, d'infimes morceaux d'une oeuvre dont s'exhalent mille et un parfums, du plus raffiné, poudré au plus incommodant, puant.
J'avais d'Edith Wharton un souvenir brumeux, provenant d'une première année de fac d'anglais, l'étude d'Ethan Frome. Je ne me souviens pas de grand chose mais tout de même du plaisir causé par cette lecture obligatoire.
Lily Bart est une héroïne étrange en ce sens que l'on ne l'aime ni ne la déteste, qu'elle est formidablement et affreusement humaine, en relief, vivante entre ces pages. Ces contradictions, sa superficialité, sa vanité et son sens moral tisse le squelette de la banale complexité qui définit l'être humain.
Edith Wharton dépeint avec merveille la société new yorkaise du début du XXème siècle. Loin d'être une experte en la matière, je prétends pourtant percevoir combien l'auteur réussit avec un indiscutable talent à donner vie à l'environnement comme au personnage.
Et la réussite de l'oeuvre ne s'arrête pas là. Au-delà de bâtir cette réalité palpable pour le lecteur, même en 2010, la netteté des contours et des contrastes de la vie de l'époque et des figures fortes de héros empêtrés dans de lourds carcans, Edith Wharton insuffle une poésie extrêmement raffinée à son récit. La valse lente de Lily, Selden, Gerty Farish, des Trenor, de Rosedale nous entraîne sans discussion possible avec eux et serre bien souvent le coeur.
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vendredi 13 août 2010
dimanche 25 juillet 2010
Deux lectures
"Les Corrections" de Jonathan Franzen et "Tu seras une femme, ma fille", se sont succédés ces derniers temps sur la table de chevet. Une recommandation et un prêt. Deux ouvrages à l'opposé l'un de l'autre.
"Les Corrections" est un excellent roman que j'ai regretté de lire en français après avoir remarqué à plusieurs reprises que l'on statuait sur une traduction en deça de la version originale. Eh bien, même ce français décevant a réussi à me convaincre. Franzen écrit un roman dense, autour de 5 personnages principaux où chacun devient tour à tour le noyau de l'histoire, chacun a sa part égale du gâteau littéraire qu'il cuisine.
"Tu seras une femme, ma fille" est la fiction biographique de Nathalie Rykiel, fille de et héritière donc d'une petite entreprise de mode parisienne ayant bien fructifiée. Et entre ses pages, elle se vautre allégrement. Il y a quelques personnages secondaires : ses 3 filles, son ex-mari, sa mère bien sûr et quelques autres mais ils ne sont là que pour renvoyer une image déformée à Mme Rykiel fille, tour à tour mère, épouse, amante, amie et fille.
D'un côté les américains caricaturaux du Midwest et de l'autre les clichés germano-pratins.
De deux côtés de l'Atlantique, des histoires de famille comme les autres, c'est-à-dire uniques. Les Lambert sont fictifs mais au fond bien plus réels que Nathalie Rykiel, les Lambert sont contradictoires, névrosés, secrets, rongés par des conflits latents et les antagonismes de leurs personnalités. Les Lambert sont bon nombre de familles d'Amérique et d'ailleurs.
A la lecture de ces lignes, l'on peut déduire que la balance de mon plaisir de lectrice a nettement penché vers "les Corrections". Ce n'est pas inexact mais il serait faux de dire que je n'ai trouvé aucun intérêt au livre de Nathalie Rykiel. Si l'on maîtrise et accepte les codes du minuscule univers parisien dans lequel elle évolue, l'on est tout prêt à trouver un peu de grâce et de poésie dans son (?) écriture. Ces pages sont le reflet d'un Narcisse à la plume habile. Les pages se tournent et distillent le parfum Rykiel Rose.
"Les Corrections" sentent fort une fête de Noël dans une maison poussiéreuse du Midwest. Moins classe mais peut-être plus intéressant.
"Les Corrections" est un excellent roman que j'ai regretté de lire en français après avoir remarqué à plusieurs reprises que l'on statuait sur une traduction en deça de la version originale. Eh bien, même ce français décevant a réussi à me convaincre. Franzen écrit un roman dense, autour de 5 personnages principaux où chacun devient tour à tour le noyau de l'histoire, chacun a sa part égale du gâteau littéraire qu'il cuisine.
"Tu seras une femme, ma fille" est la fiction biographique de Nathalie Rykiel, fille de et héritière donc d'une petite entreprise de mode parisienne ayant bien fructifiée. Et entre ses pages, elle se vautre allégrement. Il y a quelques personnages secondaires : ses 3 filles, son ex-mari, sa mère bien sûr et quelques autres mais ils ne sont là que pour renvoyer une image déformée à Mme Rykiel fille, tour à tour mère, épouse, amante, amie et fille.
D'un côté les américains caricaturaux du Midwest et de l'autre les clichés germano-pratins.
De deux côtés de l'Atlantique, des histoires de famille comme les autres, c'est-à-dire uniques. Les Lambert sont fictifs mais au fond bien plus réels que Nathalie Rykiel, les Lambert sont contradictoires, névrosés, secrets, rongés par des conflits latents et les antagonismes de leurs personnalités. Les Lambert sont bon nombre de familles d'Amérique et d'ailleurs.
A la lecture de ces lignes, l'on peut déduire que la balance de mon plaisir de lectrice a nettement penché vers "les Corrections". Ce n'est pas inexact mais il serait faux de dire que je n'ai trouvé aucun intérêt au livre de Nathalie Rykiel. Si l'on maîtrise et accepte les codes du minuscule univers parisien dans lequel elle évolue, l'on est tout prêt à trouver un peu de grâce et de poésie dans son (?) écriture. Ces pages sont le reflet d'un Narcisse à la plume habile. Les pages se tournent et distillent le parfum Rykiel Rose.
"Les Corrections" sentent fort une fête de Noël dans une maison poussiéreuse du Midwest. Moins classe mais peut-être plus intéressant.
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